# Guide Complet des Mortiers de Chaux: Chaux Aérienne et NHL en Restauration
Les mortiers de chaux connaissent un renouveau dans la restauration du patrimoine bâti ancien. Contrairement au ciment, qui piège l'humidité et endommage irrémédiablement la pierre, la chaux est un matériau respirant, souple et réversible. Ce calculateur applique le système de proportions codifié par l'architecte romain Vitruve au Ier siècle av. J.-C., un système toujours en usage dans les chantiers de restauration patrimoniale.Le piège du ciment dans le bâti ancien
L'utilisation de ciment sur des maçonneries anciennes est une erreur fréquente aux conséquences graves. Le ciment est plus rigide que la pierre environnante: les mouvements thermiques fissurent la pierre plutôt que le joint. De plus, son imperméabilité bloque l'évaporation de l'humidité ascensionnelle, provoquant des sels, des efflorescences et des éclatements dus au gel.
# Les Trois Couches Vitruviennes: Trullissatio, Arenato, Marmorato
Vitruve décrit un système d'enduit en trois couches que l'on retrouve dans tous les grands monuments romains: le Trullissatio (gobetis 1:3, 30mm) accroche au support; l'Arenato (corps d'enduit 1:2, 16mm) crée le planéité; le Marmorato (finition 1:1, 4mm) donne la texture finale, traditionnellement réalisée à la poudre de marbre.# Choisir entre Chaux Aérienne CL 90 et Chaux Hydraulique NHL
# La Granulométrie du Sable: Facteur Clé de la Qualité
Le sable représente 60 à 75% du volume du mortier. Son choix n'est pas anodin. Un sable de rivière à grains anguleux offre une accroche mécanique supérieure. Pour la restauration patrimoniale, il est recommandé d'effectuer une analyse pétrographique du mortier existant pour en reproduire fidèlement la couleur et la texture, évitant ainsi les contrastes inesthétiques sur façades classées.Vitruve, De Architectura, Livre VII, Ch. 2
"Pour les bâtiments achevés avec soin, les joints de la maçonnerie doivent être remplis trois fois: une première fois avec le mortier grossier, une seconde avec le mortier moyen, et une troisième avec la couche de finition."
Deux mille ans d'expérience empirique, résumés en une règle de trois qui reste la norme sur tous les chantiers de restauration patrimoniaux aujourd'hui.